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Inauguration d'une jeune installée

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C’est sous un beau soleil, qu’Amélie Lèbre nous a accueilli sur son exploitation, ce mardi 28 mai. Installée à St Auban sur l’Ouvèze, en bovin allaitant et poules pondeuses, elle nous a apporté son témoignage sur la conciliation vie professionnelle / vie personnelle.

 

Plus de trente personnes sont venues partager ce moment d’échange autour d’Amélie, et plus précisément : 14 élèves de seconde à la MFR de DIVAJEU et leurs formateurs ; Madame la Conseillère Régionale, Patricia PICARD ; Madame le Maire, Véronique CHAUVET, et son premier adjoint ; Sandrine ROUSSIN et Nathalie GRAVIER, élues à la Chambre d’Agriculture ; Cassandre BONNIN, chargée de mission à la CCBDP ; le Crédit Agricole, ainsi que des voisins exploitants, et des proches.

Après un DUT GénieBiologie à Avignon en 2010, Amélie suit une licence pro d’agronomie à Nancy, puis rattrape le cursus d’ingénieure agronome en 3ème année à l’Ecole de Purpan (Toulouse). Après un semestre d’études au Québec, elle obtient son diplôme en 2015, avec un mémoire de fin d’études axé sur la parasitologie caprine. Elle travaille ensuite pour un groupement d’employeurs : 70% à la MFR de Divajeu, 20% au FiBL et 10% au syndicat caprin. Par la suite elle accepte un poste à plein temps au FiBL France comme chargée d’expérimentations qu’elle occupera jusqu’en 2022, année durant laquelle la volonté de s’installer devient évidente. Son parcours à l’installation est alors entrepris.
Amélie s’associe en mars 2023, avec son conjoint installé quelques années plus tôt en agriculture biologique, sur un atelier vaches allaitantes. Le GAEC des Bons Diables exploite 158 hectares : 1ha d’oliviers, 1ha d’amandiers, 13ha de cultures arables et 143ha de pâturages. Les cultures et pâturages permettent ainsi au jeune couple d’être autosuffisant pour son troupeau d’Aubrac : une trentaine de mères, et 25 veaux par an. L’arrivée d’Amélie est alors l’occasion d’ajouter un atelier supplémentaire de  120 poules pondeuses conduites à l’aide d’un poulailler mobile. Les œufs, environ 40 000/an, viennent alors compléter l’offre des productions commercialisées en vente directe : colis de veau et haché, huile d’olive, farine de blé, etc.. Amélie reçoit les clients à la ferme, propose du colportage, et installe son étal sur le marché de producteurs de Buis les Baronnies le samedi matin.

Comme point forts de leur exploitation, Amélie identifie : la diversification qui réparti les risques, la vente directe qui permet d’avoir une reconnaissance des clients, leur outil de travail qui est devenu « facile » au quotidien, une certaine maitrise (entretien des machines, administratif, commercialisation, …) qui apporte du confort et de la sérénité, leurs engagements extérieurs qui sont enrichissants et leurs permettent le partage et l’accès à de nombreuses informations, et l’entraide avec Dominique, un voisin exploitant, avec qui ils se rendent des services. En ce qui concerne les points faibles, ce sont la dépendance aux aides, l’éloignement géographique, la prédation, et le foncier qui sont pointés du doigt par Amélie.

Parmi les projets tels que l’agrandissement du bâtiment, l’augmentation du nombre de poules, ou encore la sécurisation du foncier autour du bâtiment, c’est la création d’un atelier de transformation de pâtes sèches et fraiches qui anime le plus Amélie : « En plus de satisfaire nos clients, nous aurions également la satisfaction d’aller au bout des choses en transformant notre farine et en valorisant nos oeufs. »

Après de nombreux questionnements des élèves sur le choix de l’agriculture biologique et le ressenti du marché du bio, la Chambre d’Agriculture a présenté rapidement le parcours à l’installation, puis a lancé le thème de la matinée : la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle. Selon Amélie, il est important de se créer un réseau. C'est grâce à ce réseau, que l'on construit dès les études, que l’on va pouvoir s’entraider et se rendre le quotidien plus facile : en s’appuyant sur les collègues, on peut se rendre des services, obtenir des informations, ou de l’aide sur l’administratif, etc. Tout cela soulage, apporte de la sérénité, et permet ainsi de se sentir mieux pour sa vie personnelle. Pour maintenir sa vie personnelle justement, Amélie pense qu’il est important de parler d’autres choses que de l’exploitation en famille, et de ne pas imposer le rythme de vie effréné aux enfants (faire des sorties, partir en vacances, …). Pour tout cela, il est important « d’aller voir ailleurs », de s'engager sur d'autres choses, et vivre ses autres passions. Encore une fois, recourir à son réseau, ou à des dispositifs tels que le service de remplacement peuvent s’avérer utile.
« Le plus important, c’est de ne pas s'oublier ; de ne pas vivre que pour l'exploit’ ou pour son associé ! Il faut savoir prendre du temps pour soi : du temps ensemble, mais aussi séparément. »

Avant de clôturer ces échanges, Sandrine Roussin a apporté son témoignage sur ce thème, et à fortement encouragé les futurs installés à s’engager pour se créer du réseau.

Patricia Picard a ensuite pris la parole pour féliciter Amélie, et encourager tous les exploitants et futurs exploitants à garder le cap, et s'appuyer sur leur réseau.
« Poursuivez vos études le plus longtemps possible ! » a-t-elle lancé aux jeunes présents.

Après une visite de l’exploitation menée par la jeune exploitante, l’ensemble des participants s’est rassemblé autour d’un buffet fourni par Bienvenue A la Ferme, et d’Amélie et sa famille bien sûr.