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Plan sècheresse : renforcer les actions de solidarité entre céréaliers et éleveurs

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Dans le cadre du plan sécheresse 2022, un dispositif a ainsi été mis en place pour faciliter les échanges de paille et de fumier entre les éleveurs et les céréaliers.

L’évolution de certaines exploitations agricoles vers une spécialisation accrue des productions, notamment en élevage, rend leur autonomie en paille plus aléatoire. A cela vient s’ajouter l’impact de la sécheresse, diminuant la disponibilité fourragère, les recours à la paille à vocation alimentaire étant alors fréquents.

Selon les données fournis par INOSYS Réseaux d’élevage et INOSYS Grandes Cultures, les systèmes spécialisés en élevage sont de moins en moins autonomes en paille avec un passage de 56% d’autonomie à 50% entre 2003 et 2020. Cela est principalement lié à l’agrandissement des cheptels et à l’instabilité des rendements fourragers. 

Le marché de la paille devient, en outre, de plus en plus concurrentiel, du fait d’une baisse de disponibilité (surfaces en céréales et aléas climatiques) mais aussi de par le renforcement de nouveaux usages du produit paille : 

  • broyage pour le maintien des taux de matière organique dans le sol en zone de cultures,
  • utilisation en tant que matériau de construction (isolant, matériaux biosourcés),
  • combustible,
  • approvisionnement des unités de méthanisation…

Un impact sur les charges d’exploitations d’élevage

Cette tension sur le marché de la paille conduit à une très forte hausse des prix d’achat depuis plusieurs années : augmentation de 63 % de la paille entre les campagnes 2003-2005 et 2018-2020, toutes zones confondues. Les prix en 2020 étaient de 96 €/t en montagne et 64 €/t en plaine en toutes modalités d’achats. Ceci ne manque pas de créer un impact sur les charges d’exploitation d’élevage. Les postes de charges « achats de litières » passent de 14 à 20 € par Unité Gros Bovin (UGB) en plaine (+40%) et de 14 à 30€ en montagne (+120%).

Un échange de matières fertilisantes gagnant-gagnant

Broyer la paille et la laisser sur les parcelles limite les exports de matière organique. Toutefois ce taux de matière organique peut être maintenu par usage de fumier et donc en utilisant la paille en élevage. Ceci a le mérite d’apporter un produit riche en azote, limitant le recours aux engrais minéraux. Un dispositif d’échange a donc été facilité par le réseau des Chambres d’agriculture entre producteurs de paille et éleveurs.

L’échange paille fumier se construit sur une équivalence entre produits, raisonnée à partir de : 

  • la valeur fertilisante du fumier
  • la valeur humique du fumier 
  • le travail réalisé par l’éleveur 

Une contractualisation pour sécuriser les apports

Pour assurer l’approvisionnement en paille de l’élevage et en contrepartie de fumier du céréalier, un contrat type réconductible sur 1 an peut être effectué. Ce dernier spécifie :

  • l’équilibre de l’échange,
  • les engagements réciproques  du producteur de paille et de fumier,
  • les volumes attendus et concernés
  • les cas de force majeure …

 

Les échanges paille-fumier, sous forme contractuelle ou non, incarnent les synergies positives entre les élevages spécialisés et la céréaliculture. Les avantages économiques, agronomiques, environnementaux et sociaux sont nombreux et bien connus.  

Les Chambres d'agriculture encouragent cette contractualisation entre éleveurs et céréaliers pour accélérer la quête d'autonomie des systèmes et la cohérence agronomique avec le bouclage des cycles, azotés notamment.

Compte tenu de la hausse du prix des intrants et des conditions de sécheresse actuelles, les Chambres d'agriculture mettent en avant l'importance de recalculer les niveaux d'équivalence sur lesquels s'établissent les échanges paille-fumier entre exploitants. 

Consulter le diaporama qui explique cette démarche à l’éleveur et au céréalier